18 Heures d'Arcachon 2011 : récit de la compétition avec Arcachon Boat Sitter

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18_heures_arcachon_boat_sitter_2011_15Comme chaque année, Arcachon Boat Sitter a participé aux 18 Heures d’Arcachon. Et en plus de ses objectifs propres de communication et de participation à la vie du Bassin, Arcachon Boat Sitter a souhaité, cette année, faire profiter plus largement tous les voileux de l’ambiance particulière de ces 18h. Pour ça, NaviguerEnAquitaine.com a été invité à bord pour réaliser un reportage de l’intérieur de cette compétition et vous le fait partager ici. De quoi se rendre compte de la parfaite organisation de l’épreuve, mais aussi de son niveau technique exigeant ainsi que de l’ambiance entre compétition et rassemblement convivial.

 

18_heures_arcachon_boat_sitter_2011_06Cette année, un équipage « sur-mesure » de 6 membres a été constitué. On y comptait d’abord les 2 skippers de « Chope », le First 35.5 de l’association Arcachon Boat Sitter, Stéphane Larquey et Thomas Lassort. Avaient également pris place à bord 3 stagiaires dont c’était la première régate : Laurent Aubuchou, Xavier Brilland et Thierry Thieffenat. Enfin, José Cervera, représentant de NaviguerEnAquitaine.com, complétait l’équipage.

Pour Xavier, tout est parti d’un besoin professionnel : «Je suis technicien dans les forages et avant de faire des missions en mer, j’avais besoin de connaître ma capacité d'adaptation à la mer. La formule d’accompagnement proposée par Arcachon Boat Sitter me convenait donc parfaitement. J’ai déjà trois stages : un aller Arcachon-Ciboure,  une navigation à  Hossegor et un  week-end sur le Bassin. Alors je dois dire que même si c’est parti d’un besoin professionnel ; quand on y a touché, on revient à la voile, du moins ça été le cas pour moi et sûrement que les conditions d’accompagnement ont aussi joué énormément ». Thierry, quant à lui, y avait déjà touché : « J’avais déjà fait quelques navigations mais il y a très longtemps. Alors quand avec mon épouse, on a projeté de louer un bateau en Corse on a voulu se remettre à niveau. Et on a trouvé une prestation très bien adaptée avec Arcachon Boat Sitter, très  pédagogique et avec une démarche progressive très bien conçue. Stéphane explique et fait confiance; il te laisse faire tout en étant là ». Quant à Laurent : « J’avais pratiqué le dériveur plus jeune, et  l’envie de m'y remettre me trottait dans la tête depuis quelques temps déjà.  J’ai trouvé ici une très bonne pédagogie et  ça donne envie de revenir chez Arcachon Boat Sitter ».

Une satisfaction générale qui se ressent sur le bateau au moment des retrouvailles ce samedi matin 2 juillet  pour faire les préparatifs en vue de la course ; chacun participant aux dernières mises au point et aux derniers rangements à bord avant de remplir les formalités d’inscription au CVA et de se retrouver dans le carré du bateau pour un repas quasi gastronomique. 18_heures_arcachon_boat_sitter_2011_12Préparé par Xavier et Thierry, nous avons au menu : cake aux olives, rôti de porc et gratin dauphinois, le tout maison, arrosés comme il se doit par un Tarriquet-Premières Grives, une bouteille de La Tour de By et un Angelot de Seguin…  qui seront bus, évidemment, avec modération. Sous l’animation de Thomas, la discussion sur les vins  dont il est visiblement un fin connaisseur va bon train et on se remémore aussi  les stages précédents comme  cette descente à Ciboure où le vent étant tombé, le bateau restera de 17h à 1h en vue du phare de Biarritz  sans avancer et n’arrivera à Ciboure qu’à 5 h du matin. Que des bons souvenirs néanmoins.

 

 

18_heures_arcachon_boat_sitter_2011_19Vers 15h,  c’est la sortie du port et on va faire quelques manœuvres pour se rôder. Sur l’eau, les bateaux sont de plus en plus nombreux venus de tout le bassin mais aussi d’autres horizons comme le Pays Basque ou même des lacs intérieurs pour des bateaux transportables. Le départ est  à 17h00 avec une procédure à huit minutes. C’est Stéphane qui est à la barre et avec un équipage encore quelque peu novice, il ne va pas chercher à jouer à fond le départ. Il reste prudent et décide de  lancer le bateau depuis derrière. Il y a une  multitude de bateaux ; les gros plutôt devant près de la ligne prêts à s’élancer au coup de trompe ; les plus petits se tenant plutôt à l’arrière. Nous sommes au milieu de cette flotte mais au coup de départ, on a bien lancé le bateau et grâce à sa puissance, on dépasse rapidement beaucoup de bateaux. On passe la ligne avec deux minutes de retard près du bateau comité avec  beaucoup de bateaux devant mais davantage encore de bateaux derrière. Le vent est Nord-Ouest  force 1 à 2 avec un courant contraire assez fort puisque la marée est montante depuis 13h avec un coefficient de 84. Des bateaux à la côte sont obligés de tirer un contre bord mais les plus rapides sont passés. De notre côté, nous restons dans le milieu du plan d’eau pour ne pas trop subir le plus fort courant à la 18_heures_arcachon_boat_sitter_2011_30côte. On arrive à la bouée Mouleau à 18h11. Bélisaire à 18h22. Pour revenir vers le CVA, on décide d'aller chercher le courant à la côte, cette fois-ci, plutôt que de rester au milieu du plan d’eau. Option pas très payante le vent est moins fort ici qu'au milieu. « Mais on est dans le bon wagon même avec ce départ de m … » dit Stéphane. 18h33, Pause : gâteaux, dattes, coca, bières, gini (sans gin : décevant !)

 

En revenant vers la ligne de départ on se rend compte que beaucoup de bateaux semblent être restés scotchés sur la zone de départ. Arrivé à la côte, on envoie le spi. Stéphane en profite pour expliquer la manœuvre : pour certains, c'est le premier envoi de spi. Bras, écoutes, hale-haut, hale-bas, drisse, le nom des bouts s'enchaînent. Mais grâce aux explications posées et précises de Stéphane tout le monde s'y retrouve. Thierry est à l'écoute : « Tu dois border quand tu vois l'oreille du spi se  replier : vas-y borde! Allez choque! Reborde! » Thierry s'accroche pour ne pas être dépassé ; c'est une attention permanente qu'il faut avoir et  l'exercice n'est pas évident pour lui mais tout se passe avec sérénité. Pour arriver à la bouée du CVA, il nous faut faire un empannage sous spi. Stéphane de nouveau se montre très pédagogue et, pour une première, l’empannage est une réussite. Premier passage de la bouée CVA à 19h30. Impeccable. On reste sur le même bord mais Laurent se met à la contre-écoute et s'étonne que le génois ne soit pas passé. « Normal on ne vire pas encore ». Affalage de spi : petit chalutage sans grand danger ; le spi est vite repris et rentré dans la cabine. Il va falloir trouver les ajustements dans cette manœuvre et là aussi, l’exécution de la manœuvre ira en s’améliorant au fil des passages.

18_heures_arcachon_boat_sitter_2011_35Le retour se fait avec le flot. Laurent prend la barre pour un bord de près avec passage de la bouée devant la jetée Thiers. Passage à 19h40. Premier tour bouclé en 2h40.  On attaque bientôt, de nouveau, le passage de la bouée Mouleau. Il est 20h. Stéphane Larquey explique la tactique que l’on va suivre étant données les conditions de vent et de courant : « On va virer tout de suite après la bouée Mouleau pour remonter au courant plutôt que d'aller chercher la bouée Bélisaire en route directe sinon on va se faire déporter. Puis on ira chercher assez haut avant de faire route sur la bouée Bélisaire ». On passe la Mouleau à 20h10 : manoeuvre des plus précises. Comme prévu, on vire et  on remonte au vent contre le courant. Quand on estime être assez haut, on fait route vers Bélisaire. Le courant nous déporte comme prévu et notre objectif est de venir raser au plus près la bouée pour l’enrouler et remonter aussitôt avant de se faire dépaler par le courant. Pendant ce temps de nombreux bateaux qui se sont laissés emporter par le courant sont sous la bouée Bélisaire quasiment à l'arrêt voir dérivant vers des passes ; on entend même par la VHF que les bateaux sécurité doivent parfois intervenir. Il est 20h29 on arrive à la bouée avec Thierry à la barre et Stéphane aux commandes. Ses conseils sont précieux et précis. On enroule doucement la bouée et tout en gardant de la vitesse, on vire de bord en priant pour que le courant ne nous rabatte pas trop vite sur la bouée. Oui il nous rabat et chacun retient son souffle mais heureusement on avance petit à petit. La bouée défile à quelques mètres sur notre tribord ; ça y est on a passé la « bouée de la mort » mais à moins de 2 m de notre tableau arrière. Ouf et bravo à Stéphane pour sa maîtrise. On continue sur ce bord et petit à petit on s'éloigne. Pendant  ce temps nombreux sont ceux qui font du sur-place.

 

A18_heures_arcachon_boat_sitter_2011_49vec cette deuxième remontée pour nous, la nuit va peu à peu  s’installer et le soleil couchant nous donnera des effets de lumière des plus beaux, rehaussés par les nuages de fumées d’un incendie au nord visibles depuis toute l’après-midi et dont on apprendra le lendemain qu’il s’est produit à Lacanau. Nuage de fumée impressionnant et couleurs  du coucher du soleil rouge-sang.

Peu à peu l’obscurité gagne le Bassin. Les lumières de la côte et le grand ciel tout étoilé deviennent les seuls repères stables. Le grand ballet nocturne des feux des bateaux  se met en place et rend le plan d’eau quelque peu irréel.  Repérer les bateaux et comprendre leur route exige une attention permanente pour éviter les collisions. Les distances et le temps ne sont plus les mêmes. Arrivés près du 18_heures_arcachon_boat_sitter_2011_51passage des bouées CVA et Thiers, les bateaux défilent lentement et silencieusement, comme des fantômes. Ils ne sont parfois visibles que par l’occultation des lumières à terre que provoque leur passage tant leurs propres feux se confondent avec ceux de la côte. En même temps, la connaissance du plan d’eau et la vision nocturne deviennent des atouts considérables  pour se repérer et faire la route la plus optimisée possible.

A ce jeu, nous nous en sortons plutôt bien. Stéphane, Thomas et Thierry qui vient souvent pêcher sur le Bassin, savent parfaitement trouver leur repère. Et nous avançons dans la nuit. Tout pourtant ne sera pas facile notamment sur les descente vers le Mouleau où le  très faible éclairage de la bouée, se confondant avec une multitude de feux d’autres bateaux nous donnera bien du fil à retordre pour la repérer et pouvoir la passer. Mais dans l’ensemble, ce ne sera pas une grosse difficulté les bateaux pointeurs étant également là pour aider au repérage par leur éclairage.

18_heures_arcachon_boat_sitter_2011_50Les uns après les autres tous les membres de l’équipage descendront prendre un peu de repos et tout se passera bien  jusqu’à 4h30 du matin où sous l’influence d’une masse orageuse venue du large, le vent va forcir et monter jusqu’à force 4 nous obligeant à faire une prise de ris en pleine nuit. Moment de tension, bien sûr, mais tout se déroulera sans encombre.  Et ce dernier tour de nuit se poursuivra tranquillement. D’autant plus que le vent va peu à peu mollir avec le lever du jour. Magie renouvelée de ces 18_heures_arcachon_boat_sitter_2011_52moments où le soleil apparaît apportant avec lui ses lueurs rafraichissantes pour l’esprit.

Pourtant, la course n’est pas finie et quand vers 7h nous passons une nouvelle fois la bouée Bélisaire, nous pensons pouvoir encore boucler 2 tours avec un peu de chance puisqu’il reste 4 heures avant la fin de la course. Un peu de chance doit se traduire : « si le vent et le courant sont avec nous ». Malheureusement, ni le vent ni le courant nous seront favorables. Le vent qui est à l’Est va mollir et le courant sera descendant. Alors pour tenter de passer, nous allons tirer des bords tout le long des parcs à huîtres  là où le courant sortant est le moins fort. Bord, contre-bord ; mais le courant nous dépale sans cesse et nous avons le plus grand mal à progresser en VMG.18_heures_arcachon_boat_sitter_2011_53 José prendra la barre et réussira à gagner peu à peu contre le vent en barrant au plus fin le long des parcs, puis Stéphane prendra la suite pour une première tentative de traversée. Mais  le courant est trop fort et nous déporte. Il faudra encore batailler longtemps avant que l’on revienne sur une zone plus propice vis-à-vis du courant. Pendant ce temps, toute la flote qui était au sud est remontée avec un courant moins contraire et tout le monde se regroupe pour le final sur le passage de la bouée CVA et celle de la jetée Thiers. Pour notre part, nous réussirons à passer la bouée CVA à 10h56 et le coup de trompe final nous arrêtera devant l’entrée du port d’Arcachon. Nous aurons mis 4 heures pour faire Bélisaire – CVA et n’auront même pas terminé notre 8ème tour. Sur le coup, un peu de déception nous gagne et nous rentrons au port directement. Retour au port, amarrage et pendant que Thomas va remplir les formalités de déclarations d’arrivée au CVA nous commençons les rangements et préparons le repas.18_heures_arcachon_boat_sitter_2011_56 Au menu : Terrine de sanglier au poivre vert  et salade crétoise préparé par Thierry ; toujours arrosé comme il se doit.

Après le rangement complet du bateau, chacun accuse la fatigue, aucun n’ayant réellement dormi de la nuit.

Alors l’équipage se sépare et chacun décide de  rentrer chez lui.  Stéphane et José tentent de résister à la fatigue et font un effort pour rester jusqu’à la proclamation des résultats en prenant un café au CVA. 18_heures_arcachon_boat_sitter_2011_57 Mais, avec la fatigue et la route à faire pour rentrer, il est raisonnable de ne pas s’obstiner.

Les résultats nous parviendront par un mail de Stéphane dans la soirée : « Bonsoir à tous, pour connaître les résultats, suivre le lien : http://www.voile-arcachon.org/dl.php?cat=regate mais je ne résiste pas à vous les donner de suite :
22 au général en temps réel
17 au général en temps compensé
4ième de notre classe
Bravo à tous, c'est notre meilleur résultat pour l'instant. »

Nous en sommes évidemment tous très satisfaits, Stéphane, Thomas, Laurent, Thierry, Xavier et José.

Ainsi s’achève le récit des 18 h d’Arcachon vécues de l’intérieur sur le First 35.5 « CHOPE » de l’association Arcachon Boat Sitter (voir également le Coup de Projecteur sur Arcachon Boat Sitter)

NaviguerEnAquitauine.com vous souhaite de vivre d’aussi belles navigations et vous propose de laisser vos commentaires si, vous aussi, vous avez participé aux 18 Heures d’Arcachon.

 

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